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Villes de Caractère

Aigues-Mortes

Au VIIIème Charlemagne protège la côte en érigeant, en 791, la tour Matafère, au milieu des marécages pour la sûreté des pêcheurs et des ouvriers des salins.
Louis IX que la maladie a mené aux portes de la mort, fait vœu d’aller délivrer le Tombeau du Christ que les Infidèles ont reconquis.Il décide donc que la Croisade sera française et partira d’un port français.Il utilisera ses projets pour ouvrir un grand port méditerranéen dépendant directement de la couronne de France.
Aux XIIIème, les Templiers possèdent de vastes pâturages et marais sur l’Istel, parfois à moins de cinq cents mètres de la mer. Ils y ont creusé un nouveau port afin de remplacer celui de leur baylie de Saint Gilles qui s’ensable.ils sont aussi familiers du Roi et celui-ci se fie à leur expérience.
Toutefois, le tout petit hameau d’Aigues-Mortes, les terres et les étangs environnants appartiennent à l’abbaye de Psalmody.A la demande de Louis IX, les bénédictins acceptent d’échanger ce territoire d’Aigues-Mortes (Aigues = eaux : les Eaux-Mortes du marais qui ont donné leur nom à la ville). Ils reçoivent en contrepartie une importante somme d’argent et de vastes terres arables appartenant à la couronne dans la région de Sommières.
L’endroit est habité, malgré les conditions climatiques et sanitaires difficiles, par une population clairsemée de pêcheurs et de sauniers (ramasseurs de sel), vivant dans des cabanes en roseau. Le village est créé de toute pièce sur un terroir dépourvu d’un urbanisme organisé.Pour attirer de futurs habitants et commerçants, Louis IX donne une charte de coutume à la ville nouvelle en 1246 Très vite affluent des Catalans de Montpellier, des Provençaux, des Italiens et surtout des Génois et des Pisans. On estime alors la population à environ 15000 personnes.

XIII° siècle – début de la fortification d’Aigues-Mortes – un point de départ pour les CROISADES
Dès 1244, l’architecte Eudes de Montreuil dresse les premiers plans du port et de la ville. Pendant quatre ans, toute la contrée se consacre à cette oeuvre immense. Non sans conflits. Pourtant, après quatre ans et maintenant que la croisade va s’embarquer, Aigues-Mortes n’existe toujours pas. Certes on s’est d’abord consacré à l’aménagement des ports. Plus de sept cents bâtiments de mer doivent y charger provisions, chevaux et hommes d’armes tout en restant à l’abri d’une violence des flots.Vers le début du mois de juillet 1244 Louis IX vient s’installer à Aigues-Mortes parmi les troupes croisées qui arrivent chaque jour.Se trouvent dans la région les constructeurs du port et de la ville ainsi que les marins des galères, huissières et nefs ; en tout une masse qu’on peut évaluer raisonnablement à quelques 70 000 hommes et 20 000 chevaux.La croisade campe jusqu’au delà de Maguelone.
L’enceinte, envisagée dès 1266, n’est pas entreprise avant 1272 et n’est qu’à demi construite en 1285. D’après un rapport commandé par le roi au sénéchal de Beaucaire (1289) on se rend compte que les travaux sont conduits avec lenteur, pour des raisons, probablement, financières. La ville se constitue entre 1246 et 1272, soit 26 ans d’avance sur l’enceinte. Il y a donc un rapport entre la ville, préexistante, et la composition du plan de l’enceinte. La position des portes est déterminée par un tracé de voirie déjà fixé. Les portes sont irrégulièrement espacées. Les tracés résultent donc d’un évident développement urbain qui contraint les ingénieurs royaux, constructeurs, à une irrégularité de fait. L’aménagement de l’étang de Psalmodi, comme second port, ou bassin de mouillage, dirige spontanément vers le rivage les premières artères de la ville naissante.
La richesse du port d’Aigues-Mortes, devenu un grand centre d’exportation des draps teints de Montpellier, reçoit épices, soieries, et produits de luxe en provenance d’Orient. Il est l’un des principaux relais commerciaux de la république de Gènes et sa richesse est mise à contribution pour fournir les ressources nécessaires à l’achèvement des travaux. Cette participation financière consiste en une taxe, le denier, (taxe de un denier sur chaque livre de marchandises qui transitent par le port d’Aigues-Mortes). L’achèvement des travaux de l’enceinte intervient dans la dernière décennie du XIIIème ou au début du XIVème. Élément de la défense côtière du royaume la place ne cesse d’être régulièrement entretenue.
Pisans. On estime alors la population à environ 15000 personnes.

Au début du XIVème siècle, l’enceinte est achevée.Il s’agit d’un quadrilatère quasiment parfait, hérissé de tours et percé de portes. Les remparts se déroulent sur 1634 m. Les plans sont établis par Louis IX et son architecte Eudes de Montreuil. Celui-ci meurt en 1289 et Cominelli termine l’ouvrage.

Aujourd'hui, Aigues-Mortes, conserve ses traditions taurines. Haut lieu de la gastronomie camarguaise, elle se tourne vers la Méditerranée et allie le secret du passé au charme du futur.


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Saint-Gilles Placé sous la juridiction immédiate de Rome, le monastère autour duquel se développa la ville, connut un très grand rayonnement. Ce premier monastère dédié à Saint-Pierre et à Saint-Paul, et dont nous n’avons aucun vestige, verra mourir Saint-Gilles le premier septembre 720 ou 721. Son culte se répandit rapidement ; des multitudes de pèlerins venus des plus lointains pays s’acheminèrent vers le tombeau, invoquant Saint-Gilles contre la peur et le feu, pour la guérison des maladies nerveuses et pour la protection des enfants.
Saint-Gilles a son tombeau dans la Crypte de l’Abbatiale de Saint-Gilles, tombeau qui fut l’un des quatre plus importants lieux de pèlerinage de la chrétienté médiévale.
Le Grau-du-Roi Dans un territoire au passé étroitement lié à Saint-Louis et aux croisades, s'est bâti le village traditionnel du GRAU DU ROI. Au 16è et 17è siècle, quelques familles nomades de pêcheurs fixent l'ossature du futur village autour d'un grau, mot occitan signifiant ouverture naturelle mettant en communication la mer et un étang. Une vie sédentaire s'établit à partir de 1825 regroupant près d'un tiers d'immigrés italiens à la fin du siècle. Port de pêche à l'origine, la cité maritime est devenue au fil du siècle dernier une station balnéaire de renom essentiellement grâce à la mise en œuvre des congés payés et à l'arrivée massive des premiers "baigneurs".(Source O.T)